L’analyse des professions

Je ne connais personne qui achèterait des chaussures sans d’abord les essayer. À plus forte raison, je ne connais personne non plus qui ferait l’acquisition d’une voiture sans un bon essai routier et, si le véhicule est usagé, une inspection professionnelle. Pour l’achat d’une auto neuve, d’aucuns consulteront les nombreux guides et sites Internet. En ce qui concerne l’achat d’une maison, les démarches peuvent être encore plus importantes. On aura recours à un agent d’immeubles et aux services d’un notaire, en plus de prendre le temps de visiter plusieurs résidences avant de fixer son choix. Ces démarches prendront souvent quelques semaines. C’est normal, il s’agit d’une décision très importante et on ne voudrait pas se retrouver dans une situation fâcheuse.

Assez curieusement, quand il s’agit de choisir une profession, toutes les précautions nécessaires ne sont pas toujours prises. Les choix sont faits rapidement, sur la base d’informations partielles. On aboutit dans une profession à la suite de différents choix d’études, mais sans avoir pris la peine d’évaluer correctement la profession dans laquelle on s’est engagé. Il est fréquent qu’on regrette ses décisions.

Un exemple. Bon an mal an, au Québec, plus de 1 000 personnes choisissent de faire des études en biologie. C’est un domaine d’études intéressant et stimulant. Par contre, les possibilités d’emploi dans ce secteur sont restreintes. Moins de la moitié de ceux qui font des études dans ce domaine y feront carrière. Or, si chacun avait bien analysé les perspectives professionnelles avant de s’engager, il est probable qu’une bonne partie de ceux qui ont choisi la biologie se seraient dirigés vers des domaines où les emplois sont plus nombreux, tout en respectant leur intérêt pour le monde du vivant.

Le manque d’emplois est une des raisons les plus fréquentes qui obligent des diplômés à se diriger vers un autre domaine, mais elle n’est pas la seule. D’autres situations peuvent se présenter qui feront qu’un choix qui semblait intéressant vu depuis l’école s’avère moins bon une fois rendu sur le marché du travail. Par exemple, la conciliation famille/travail peut s’avérer difficile, les tâches peuvent être différentes de ce qu’on attendait, on peut se retrouver avec des responsabilités qu’on ne désirait pas, etc.

Les préjugés qu’on entretient face à certains choix de carrières peuvent aussi nous écarter d’options intéressantes. Par exemple, bien des gens pensent à tort qu’il faut être extraverti et flamboyant pour s’intéresser au droit, parce qu’il faudra être habile à plaider en cour. C’est là une conception erronée de la profession. Il est vrai que certains avocats sont des plaideurs redoutables. Par contre, la réalité est que moins de 20 p. 100 des avocats plaident. Les autres n’ont jamais affaire en cour. On ne doit donc pas écarter cette profession simplement sur la base de ses préjugés face au travail en cour.

Quand on est mal informé, on s’expose à toutes sortes de surprises! Voilà pourquoi des démarches soigneuses pour s’informer valent toujours les efforts consentis.

 

Jacques Langlois

Jacques Langlois est auteur, conseiller d’orientation et sociologue. Il aide de jeunes adultes, en particulier des étudiants universitaires, à faire leur choix de carrière.


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