Besoin d’aide pour trouver votre carrière? Les centres des carrières ne sont pas juste là pour le curriculum vitae

Que vous commenciez vos études ou que vous les terminiez cette année, vous aurez besoin des meilleurs conseils qui soient sur la manière de planifier votre carrière – et de décrocher cet emploi de rêve. Le centre d’orientation professionnelle de votre université ou collège pourrait bien être l’un des secrets les mieux gardés du campus.

La majorité des étudiants qui ont recours aux services d’un centre d’orientation professionnelle le font au sujet de la préparation d’un curriculum vitae. Mais ce n’est que la pointe de l’iceberg. Les services offerts varient d’un centre à l’autre, cependant la plupart peuvent vous offrir de l’aide et des conseils personnalisés pour chercher un emploi, mettre à profit vos compétences, acquérir une expérience professionnelle, vous préparer à un entretien, et plus encore.

L’Université de l’Alberta offre un service aux effets impressionnants, dont la popularité croît de façon exponentielle : l’observation en milieu de travail. Pendant la semaine de relâche, plus de 100 employeurs invitent des étudiants à passer jusqu’à quatre jours dans leurs bureaux pour y vivre une expérience du type « une journée dans la vie de… », explique Blessie Mathew, directrice du programme de formation au cheminement de carrière du centre d’orientation professionnelle, appelé CAPS : Your U of A Career Centre. Elle affirme que ce genre d’expérience aide les étudiants à avoir une meilleure idée de leurs objectifs de carrière.

Le centre de développement de carrière de la Schulich School of Business de l’Université York offre pour sa part un service spécialisé de guide-expert, explique le directeur général, Joseph Palumbo. Par exemple, si vous avez un entretien à la CIBC, le centre va communiquer avec un ancien qui travaille dans cette banque et qui pourra vous coacher. La Schulich School of Business met également l’accent sur les compétences générales, par exemple l’étiquette à table, l’apparence, et ce qu’il faut faire et ne pas faire sur les médias sociaux. Les étudiants peuvent même participer à des séances de dégustation de vin, de bière ou de whisky. « Il s’agit simplement de perfectionner les habiletés des étudiants pour qu’ils aient un avantage qui leur ouvre des portes, qu’ils franchissent le seuil de ces portes et qu’ils y restent », explique M. Palumbo.

À l’Université Laval, plus de 70 pour cent des étudiants des 17 facultés sont inscrits au centre d’orientation professionnelle, mais nombreux sont ceux qui se contentent de consulter le tableau d’affichage des offres d’emplois. Les étudiants peuvent être déçus s’ils ne trouvent pas une offre d’emploi directement liée à leur discipline, par exemple la philosophie, affirme André Raymond, directeur-adjoint du service de placement de l’Université. « Nous devons leur expliquer que nos services ne se limitent pas à offrir un tableau d’affichage des offres d’emploi ».

Allez-y vite, allez-y souvent
Les spécialistes des centres d’orientation professionnelle sont tous d’accord pour dire que beaucoup trop d’étudiants ont recours à leurs services une fois qu’il est trop tard pour en tirer pleinement parti.


Elle aimerait voir passer davantage d’étudiants du premier cycle – première, deuxième et troisième année – mais aussi d’étudiants commençant à peine leurs études supérieures. D’ailleurs, précise-t-elle, le centre est ouvert tout l’été.

Monsieur Raymond croit que si les étudiants ne viennent pas plus tôt, c’est parce qu’ils ne savent pas à quel point la recherche d’un emploi peut être difficile. « Très souvent, ils ne se présentent qu’après avoir essuyé plusieurs déceptions au cours de leur recherche d’emploi, explique-t-il. Ils croient qu’il suffit de préparer un curriculum vitae et de l’envoyer en réponse à une offre d’emploi. Ils pensent aussi qu’il est très facile de passer un entretien, jusqu’à ce que le premier soit un échec. »

Le développement de carrière : un processus sans fin
« Votre carrière ne commence pas le jour où vous obtenez votre diplôme, mais au moment où vous mettez le pied sur le campus, précise Mme Mathew. L’Université est l’occasion de trouver ce que vous aimez et ce que vous n’aimez pas, et d’établir des contacts. »

Monsieur Palumbo veut que les étudiants comprennent ceci : « le développement de carrière est un processus qui dure toute une vie. Plus tôt vous commencez, mieux c’est. » Il affirme que les étudiants peuvent s’attendre à changer plusieurs fois de carrière – d’organisation, de secteur, d’endroit. L’important, c’est de connaître vos compétences, ce que vous avez d’unique à offrir aux employeurs, et les conditions du marché.

« L’époque où l’on restait 30 ans dans la même firme n’est plus », lance M. Palumbo. De nos jours, ce que les étudiants doivent gérer, c’est 30 ans de carrière en marketing, en comptabilité ou dans une chaîne d’approvisionnement.

« Chaque décision est une décision professionnelle », c’est le message que lance aux étudiants le Collège communautaire de Nouvelle-Écosse.

« Le « qui suis-je » est ce qui préside au développement de carrière. Il faut ensuite voir comment cela s’intègre au monde du travail », explique Laurie Edwards, directrice du développement de carrière au Collège communautaire.

Son collègue, Clarence DeSchiffart, coordonnateur des services professionnels et de compétences essentielles, explique que son établissement adopte une approche globale en matière de counseling professionnel. Ceci veut dire que l’on aide les étudiants à faire des prises de conscience sur eux-mêmes afin qu’ils puissent prendre les meilleures décisions dans les circonstances qui seront un jour les leurs, qu’il s’agisse de s’occuper de leurs enfants ou de leurs parents vieillissants. « Nous voulons que les gens se sentent prêt à composer avec le changement », précise-t-il.

Au-delà des centres d’orientation professionnelle
De nos jours, il est fort probable que les étudiants reçoivent les services du centre d’orientation professionnelle sans même s’en rendre compte. En effet, ces centres ont maintenant tendance à travailler en étroite collaboration avec les facultés (qui ont la confiance et l’attention des étudiants) pour intégrer la formation au développement de carrière au contenu enseigné en classe.

À la Schulich School of Business, tous les étudiants du premier cycle et du MBA se servent d’un outil appelé CareerLeader dans le cadre de leurs cours, afin d’explorer ce qui les intéresse, ce qui les motive et de cerner leurs compétences. Ils apprennent à des choses essentielles à leur sujet : « Qui êtes-vous, quelles sont vos forces, et à quel est le meilleur endroit pour mettre à profit ces forces », poursuit M. Palumbo.

Outre les bureaux de son centre de développement de carrière, l’Université de l’Alberta a maintenant un agent de développement de carrière au sein de la faculté des Arts, afin d’aider les étudiants à cibler les professions et l’expérience de travail adaptées à leurs études. La faculté des Sciences devrait aussi bientôt avoir son bureau satellite.

Beaucoup de centres universitaires de développement de carrière, y compris à l’Université Laval, ont de plus en plus recours à la technologie pour offrir des services d’orientation professionnelle. L’Université Laval publie ses ateliers, par exemple sur la rédaction de curriculum vitae et de lettres de présentation, sur You Tube. Étant donné que plus d’étudiants suivent des cours à distance ou étudient à temps partiel, l’Université a également commencé à offrir des conseils en ligne au moyen d’applications fonctionnant avec une caméra Web, comme Skype.

Le Collège communautaire de la Nouvelle-Écosse s’apprête à laisser plus de place aux échanges informels au sujet du développement de carrière, par exemple autour d’un café et de déjeuners-causeries

Les conseillers en orientations de carrière ne mordent pas (promis)
Il est compréhensible que les étudiants ne connaissent pas l’existence du centre de développement de carrière de leur établissement d’enseignement. « Les étudiants peuvent être dépassés par la somme d’information qui leur est donnée au cours des premières semaines », explique Mme Mathew.

Quand un étudiant consulte un conseiller en orientation de carrière, il est souvent agréablement surpris. « Ils sont habitués aux formalités et à la bureaucratie universitaires. Mais nous ne leur imposons ni dates ni échéances, précise M. Palumbo en parlant du personnel du centre de développement de carrière de la Schulich School of Business. Nous sommes très chaleureux, on peut nous rencontrer facilement et nous nous intéressons à chaque étudiant et à son avenir professionnel. »

Monsieur Palumbo sait qu’il n’est pas facile, surtout pour les étudiants du premier cycle, de demander de l’aide. Ils vont plutôt demander à leurs parents ou aux gens qu’ils connaissent, parce qu’ils se disent : « Mes copains ne vont pas au centre de développement de carrière, alors pourquoi est-ce que j’irais? ». C’est une erreur selon M. Palumbo, car chaque étudiant gagnerait à consulter le centre de développement de carrière.

Toutefois, il incombe à l’étudiant de prendre l’initiative, conclut M. DeSchiffart. « La réponse n’est pas entre les mains d’une seule personne. Il faut la trouver ensemble. »

Sharon Ferriss
Sharon Ferriss est directrice du Marketing, du Web et des nouveaux médias à l’Institut canadien d’éducation et de recherche en orientation, un organisme caritatif voué à l’avancement de l’éducation et de la recherche en orientation et développement de carrière.

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