Un pas dans la porte
Par Laura Jakobschuk, avec la contribution de Serge Gagné Il y a des choses qu’on ne peut pas apprendre en classe. Les programmes coopératifs et les stages sont des trésors méconnus. Pourtant, les étudiants ont tout intérêt à participer à ces programmes, à des stages et à d’autres programmes de travail-études, car ces programmes leur
Par Laura Jakobschuk, avec la contribution de Serge Gagné
Il y a des choses qu’on ne peut pas apprendre en classe. Les programmes coopératifs et les stages sont des trésors méconnus. Pourtant, les étudiants ont tout intérêt à participer à ces programmes, à des stages et à d’autres programmes de travail-études, car ces programmes leur permettent d’acquérir des compétences et une expérience qui enrichissent leur bagage de connaissances.
Les stages représentent une expérience d’une valeur inestimable pour les étudiants de tous les programmes. Paul Smith, directeur exécutif de l’Association canadienne des spécialistes en emploi et des employeurs (ACSEE), estime que, selon plusieurs études, les diplômés qui font des stages réussissent mieux la transition sur le marché du travail, ils obtiennent de meilleurs salaires de départ et restent plus longtemps en poste.
Les programmes coopératifs et stages sont définis différemment d’une école à l’autre, mais dans tous les cas, il s’agit d’une expérience d’apprentissage liée à la carrière d’un étudiant ou d’un diplômé récent. La plupart des stages offerts sont des postes à temps partiel, non rémunérés dans le secteur à but non lucratif.
L’Université de Sherbrooke a été la première université au Québec, et la deuxième au Canada, à instaurer un régime coopératif dans ses programmes. Selon Serge Gagné, le directeur de la section placement du Service des stages et du placement de l’Université de Sherbrooke, le régime offre aujourd’hui 40 programmes coopératifs, pour une moyenne de 4 000 stages par année et affiche un taux de placement de 98 p. 100.
Depuis sa fondation en 1966, le régime coopératif a su s’adapter aux besoins des employeurs et aux attentes des nouvelles générations d’étudiants. L’Université de Sherbrooke n’a pas hésité à mettre les technologies à contribution. Par exemple, en 2010, l’Université a développé une application Web, le Plan de développement individuel des stagiaires ou PDI. Cette application permet d’archiver les réflexions de l’étudiant et lui permet de mieux s’évaluer tout au long du stage. Grâce au PDI, le coordonnateur du stage et l’employeur ont aussi un accès virtuel aux progrès de l’étudiant, créant ainsi un lien continu entre l’étudiant, le coordonnateur et l’employeur.
Les outils Web, tels que le PDI de l’Université de Sherbrooke, et les services d’affichage d’offres d’emploi constituent des ressources essentielles pour les programmes de placement canadiens. Ils appuient le placement des étudiants, facilitent l’évaluation des stages et offrent aussi des occasions d’emploi aux finissants.
L’Université de Colombie-Britannique (UBC) et l’Université de Windsor ont aussi mis sur pied d’excellents programmes de stages non rémunérés dans le secteur à but non lucratif et le secteur financé par les gouvernements.
Le programme de stages de la faculté des arts de l’UBC a été lancé en 2009. Classé parmi les activités hors programme, il ne donne pas droit à des crédits, mais les étudiants participants qui réussissent le stage reçoivent un certificat du doyen de la faculté. Jusqu’ici, 250 étudiants ont profité de ces stages.
Les étudiants s’adressent à des organismes de la région de Vancouver pour poser leur candidature à un stage, comme ils le feraient pour un emploi, et ils sont choisis par les organismes. Stages en journalisme, en planification d’événements, développement des affaires, les possibilités sont nombreuses et très diverses. Les étudiants ont l’occasion de voir les applications pratiques de leurs études et d’avoir une idée du choix de carrière qui s’offre à eux. La plupart y développent également des réseaux et des contacts qui les aideront à lancer leur carrière à la fin de leurs études.
« Cela permet d’avoir un pied dans la porte et d’élargir son réseau de connaissances », explique Karly Pinch, coordonnatrice du programme de stages de la faculté des arts d’UBC.
Kate Minson, ancienne étudiante à l’UBC et stagiaire, est d’accord. Elle a obtenu son baccalauréat en théâtre en 2011 et elle a pu se trouver un emploi directement lié aux compétences et aux expériences qu’elle a gagnées dans le cadre de son stage dans le service de perfectionnement de « The Clutch », le centre culturel de Vancouver Est.
Aujourd’hui coordonnatrice des activités de financement pour le Festival international des arts de Vancouver, Kate estime que ce poste était la suite logique de son cheminement professionnel – non seulement, elle peut mettre en pratique les compétences acquises pendant son stage, mais elle en retire un salaire!
Pour sa part, l’Université de Windsor a créé son Programme de stages bénévoles (Volunteer Internship Program – VIP) il y a 20 ans. Il est offert à tous les étudiants du premier cycle. Le VIP est une activité parallèle au programme et une note est inscrite sur les relevés de notes des étudiants qui font les 40 heures de stage prévues au cours d’un semestre.
La moitié des étudiants qui participent au programme étudient à la faculté des arts et des sciences sociales de l’Université, car ce sont eux qui ont souvent le moins de chance d’acquérir une expérience de travail pendant leurs études. Les étudiants font leur stage dans des institutions publiques à but non lucratif. Les employeurs transmettent les descriptions de tâches à l’Université, et le VIP se charge du jumelage.
Zachary Gerard, qui est en quatrième année d’anglais et d’histoire à l’Université de Windsor, s’étonne que les étudiants ne soient pas particulièrement attirés par les stages.
« Un tas d’étudiants reçoivent des courriels sur les programmes disponibles, mais ne s’inscrivent pas parce qu’ils n’ont pas compris à quel point ils sont utiles, lance Zachary, heureux du stage qu’il a fait au centre d’action pour les travailleurs de Windsor. Ce programme est un joyau méconnu des étudiants de mon université. »
Karen Benzinger, directrice du centre d’éducation au choix de carrière de l’Université de Windsor, souligne qu’environ 350 étudiants participent au VIP chaque année. Certains postes sont plus populaires que d’autres, comme les postes dans les écoles ou les établissements correctionnels, mais le nombre de stages offerts est toujours supérieur au nombre de participants.
Tous s’accordent à dire que, partout au Canada, les stages jouent un rôle incontournable en permettant aux étudiants de découvrir le marché du travail et en offrant aux employeurs une solution de recrutement rentable et efficace.
Quels sont les avantages de participer à un stage ou à un programme coopératif?
- Explorer les choix et les préférences en matière de carrière
- Déterminer ses principales habiletés et forces
- Développer un réseau de contacts et de recommandations d’emploi
- Améliorer sa confiance en soi et son professionnalisme

