Construisez votre carrière : Forte croissance prévue pour les métiers de la construction

Les métiers de la construction ne sont pas seulement un bon choix de carrière pour ceux qui veulent une satisfaction d’emploi et des opportunités d’apprentissage à vie, c’est un secteur où les emplois sont à peu près garantis. Ces industries sont confrontées à une croissance énorme accompagnée d’une diminution de main-d’œuvre. Si vous êtes intéressé à travailler dans les domaines comme la construction, l’exploitation minière ou l’électricité, apprenez quelles compétences sont nécessaires pour réussir et faites-vous un plan de carrière dans un métier en forte demande.

Les perspectives d’emploi

Au cours des 15 dernières années, l’emploi dans l’industrie de la construction a augmenté de 80 pour cent, ce qui en fait l’une des industries les plus importantes au Canada. La majorité de cette croissance est observée dans trois domaines :

  • La construction industrielle lourde, qui implique la construction d’usines automobiles, les raffineries et les installations de sables bitumineux qui peuvent prendre plusieurs années à compléter.
  • La construction institutionnelle et commerciale, où les projets de construction de stades, d’écoles, d’hôpitaux et de silos à grains permettent le développement de carrière à long terme et d’avancement.
  • Les travaux de génie civil, dans lesquels un ouvrier peut travailler ou entretenir les routes, les ponts, les barrages et les canalisations d’égout.

La croissance de la construction résidentielle sera plus faible que la construction non résidentielle au moins jusqu’en 2014.

Selon un rapport du Conseil sectoriel de la construction (maintenant appelé BuildForce Canada), il y aura une demande pour environ 250 000 nouveaux travailleurs au cours des prochaines années. De ce nombre, 210 000 seront des remplacements pour les travailleurs qui prennent leur retraite. Cela apportera des opportunités significatives pour les étudiants intéressés par les métiers de la construction, explique Rosemary Sparks, directrice exécutive de BuildForce Canada.

« Cela n’arrivera pas tout en même temps, mais dans les 10 prochaines années, nous allons voir cette perte de travailleurs qualifiés à cause du vieillissement de la population, dit-elle. Ce sera un marché assez concurrentiel et les jeunes seront en demande, alors le secteur de la construction est certainement intéressé à attirer les jeunes dans sa main-d’œuvre. »

Les métiers de la construction dans d’autres secteurs

Bien que les gens puissent considérer que les métiers de la construction soient limités au secteur de la construction, ces métiers sont aussi utilisés dans d’autres industries – et elles sont tout aussi avides de recruter de nouveaux travailleurs.

« L’exploitation minière partage beaucoup de professions et de compétences avec le secteur de la construction traditionnelle », affirme Ryan Montpellier, directeur exécutif du Conseil des ressources humaines de l’industrie minière (RHiM).

« Ces deux industries utilisent des équipements lourds et remuent beaucoup de terre. Ils utilisent tous deux les métiers spécialisés pour les électriciens, les mécaniciens de chantier, les mécaniciens d’équipement et les ingénieurs. Donc, il y a beaucoup de points communs entre les deux, dit-il. En fait, un grand nombre de compétences dans une industrie peut être mobile – une personne peut travailler dans plus d’un secteur avec ces compétences transférables. »

Comme l’industrie de la construction, le secteur minier a besoin de plus de jeunes de métier pour remplacer sa main-d’œuvre vieillissante et suivre le rythme de la croissance prévue.

Selon M. Montpellier, il y a 140 milliards de dollars qui sont investis dans de nouveaux projets miniers qui sont actuellement dans la phase de l’obtention des permis ou de l’évaluation environnementale. Il dit que ces projets miniers commenceront dans le courant des prochaines années, créant à la fois des emplois immédiats et futurs.

Toutefois, selon RHiM, l’industrie pourrait voir une hausse de 11 650 emplois disponibles pour les personnes dans les métiers de la construction.

« Donc [la construction] est certainement, dans certains cas, un concurrent de l’industrie minière, ajoute M. Montpellier, mais dans certains cas, l’industrie minière, le secteur de la construction et le secteur du pétrole et du gaz contribuent tous à l’augmentation et à la croissance du bassin d’emploi. Je pense qu’il est important que ces industries continuent à collaborer pour attirer plus de gens dans le secteur. »

Une autre industrie qui attire les jeunes vers ses métiers de la construction est le secteur de l’électricité. Ce secteur possède aussi une main-d’œuvre vieillissante – l’âge moyen des travailleurs qui prennent leur retraite est 57 ans (baby-boomers) et ce secteur subira une forte croissance.

La majorité de l’infrastructure électrique du Canada se situe entre 30 et 50 ans, selon Michelle Branigan, PDG des Ressources humaines, industrie électrique du Canada. Cela signifie que plus de travailleurs de la construction seront nécessaires pour développer, remplacer et remettre en état la plupart des infrastructures du Canada, de l’hydroélectricité aux centrales nucléaires.

Le secteur de l’électricité devra également remplacer près de la moitié de son effectif actuel en raison des départs à la retraite et de la nouvelle construction de l’infrastructure, ce qui augmentera le besoin de travailleurs en construction. Le secteur de la construction représente le plus grand groupe de métiers de construction non reliés à l’électricité nécessaire pour construire la prochaine génération d’infrastructures. Selon Mme Branigan, la pression de recruter des travailleurs proviendra d’autres industries confrontées à des problèmes similaires qui seront également en compétition pour attirer des travailleurs qualifiés et expérimentés.

La marche à suivre

« L’industrie minière d’aujourd’hui n’est pas l’industrie minière d’il y a 30 ans », affirme M. Montpellier, et cette affirmation s’applique aussi bien aux métiers de la construction dans tous les secteurs. Même s’il existe encore des emplois où il est possible de devenir un ouvrier avec un secondaire 5, la plupart des employeurs préfèrent une certaine forme d’éducation postsecondaire.

Il y a beaucoup de types de programmes disponibles qui mèneront à des emplois dans le secteur de la construction, allant d’un cours de 16 semaines d’introduction en toiture, à des programmes plus longs, tel que le programme de deux ans de technicien en rénovation au Collège Conestoga.

Cependant, la plupart des étudiants choisissent de suivre un cours d’apprenti, qui inclut le travail sur le terrain pendant 44 semaines, puis le retour à l’école sur une période de trois blocs de huit semaines de théorie.

Il y a aussi la possibilité d’aller à l’université avant de faire un cours d’apprenti. « Les programmes en métiers spécialisés postsecondaires offerts dans les collèges permettent aux gens d’obtenir un stage avec un employeur, explique Greg White, le président des métiers et apprentissages au Collège Conestoga. Les employeurs savent que ces personnes viennent à eux avec des connaissances et des compétences sur la carrière en question et sont prêts à travailler. » Très souvent, leur formation postsecondaire les exemptera de certains cours du programme des écoles de métier.

Après 6 000 à 10 000 heures de travail rémunéré pour parfaire vos compétences de travail, et avoir quelqu’un dans la compagnie pour confirmer par écrit que vous avez prouvé vos capacités et avez passé avec succès votre cours d’apprenti à l’école, vous pourrez vous inscrire à l’examen de certification.

Chaque province et territoire possède ses propres normes pour la certification d’apprentis, ce qui signifie que quelqu’un qualifié dans une province peut être incapable de travailler dans une autre. Cependant, le programme Sceau rouge utilise des normes nationales qui permettent à l’apprenti de travailler n’importe où au Canada. La plupart des métiers de la construction sont certifiés Sceau rouge, et un apprenti peut passer l’examen du Sceau rouge à la fin de leur formation.

Monsieur White affirme que les étudiants doivent être préparés pour les nouvelles pratiques dans l’éducation des métiers.

« En réalité, pour vous impliquer dans n’importe quel domaine de la construction, vous auriez besoin d’au moins un secondaire cinq, y compris les mathématiques et le français ou des compétences en communication, parce que cette industrie est en train de devenir beaucoup plus complexe en termes de matériaux de construction utilisés, d’exigences de sécurité, et d’instructions à suivre pour les nouvelles procédures », ajoute-t-il.

« Malheureusement, nous avons traversé une époque où les métiers ont été considérés comme un chemin emprunté par les gens moins doués à l’école, dit-il. Ce préjugé existe encore… si le petit Mathieu n’est pas bon en mathématiques ou n’a pas de bonnes notes scolaires, alors il n’est bon qu’avec ses mains. Donc, notre principal obstacle sont les mathématiques. »

Madame Branigan, Mme Sparks et M. White considèrent les mathématiques comme étant un élément clé dans la réussite d’un apprenti. Non seulement les mathématiques permettent aux travailleurs de décider avec précision combien de bardeaux sont nécessaires pour un projet de toiture ou de mesurer la longueur d’un côté, mais les mathématiques enseignent aussi la logique et la résolution de problèmes.

Toutefois, les compétences comme les mathématiques ne sont pas la seule raison pourquoi l’éducation est importante, selon M. White. La sécurité est une préoccupation majeure qui est soulignée à la fois au travail et dans la salle de classe.

« La clé est de s’assurer que vous revenez à la maison tous les soirs avec tous vos membres, dit-il, et je pense que l’éducation peut vraiment s’en assurer. »

Êtes-vous fait pour les métiers de la construction?

Bien que les métiers spécialisés seront en demande au cours des prochaines années, il est important de cibler où vous aimeriez faire carrière dans le monde des métiers de la construction.

« La construction, comme toutes les autres industries, n’est pas pour tout le monde, souligne Mme Sparks. Vous devez décider du genre de choses que vous aimez et l’environnement dans lequel vous voulez travailler. Faire des recherches et explorer les possibilités est la première chose à faire. »

Un moyen efficace pour savoir si un métier est pour vous est de parler aux gens qui font ce métier. Une autre façon est de participer à un programme coopératif qui vous exposera à différents métiers.

Madame Branigan explique qu’il est difficile de dire si vous aimerez un métier sans l’avoir essayé. Par exemple, quelqu’un pourrait penser vouloir travailler en tant que technicien de ligne à haute tension, dit-elle, « mais, dès sa première journée de travail, réalise qu’il a peur des hauteurs. La plupart ne se rendent pas compte que ce n’est peut-être pas le métier pour eux. »

Cependant, d’autres découvrent que les exigences quotidiennes d’un métier de la construction sont exactement ce qu’ils recherchent et qu’ils font une carrière enrichissante. Non seulement la plupart des métiers ont d’excellents salaires et bénéfices, mais ils permettent également un avancement et une constante découverte.

« Les techniques de construction changent continuellement, alors vous entrez dans un domaine qui n’est pas stagnant, dit M. White. Ce sera un apprentissage à vie; les méthodes de construction changeront, les exigences de sécurité aussi, rendant le métier passionnant pour la plupart des travailleurs. »

Il y a aussi la satisfaction de travailler dans une industrie tangible.

« Les gens travaillant dans le domaine de la construction vous diront qu’il n’y a rien de mieux que voir un bâtiment qu’ils ont aidé à construire pendant cinq à dix ans », ajoute M. White.

« Qu’ils soient avec leur copine, leur petit-fils ou peu importe, ils diront : “Regarde, j’ai aidé à construire ce bâtiment! ” Je compare ceci aux travailleurs de la construction égyptiens qui voient probablement les pyramides et disent : “Vous savez quoi, mon arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père a construit cette pyramide. ” Donc, je pense qu’il y a beaucoup de satisfaction dans tout ce que nous faisons. »

Grace Kennedy

Grace Kennedy est étudiante en journalisme à l’Université du collège King à Halifax, en Nouvelle-Écosse. Elle a fait du journalisme à la pige sur la côte Est et la côte Ouest et s’intéresse particulièrement au journalisme scientifique.

Laisser un commentaire

  • (ne sera pas publié)

XHTML: Vous pouvez utiliser ces balises: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>