Fous de sports : L’aventure et les études au pays des kiwis

Saut à l’élastique, descente de rivières souterraines, zorb, jetboat, héliski : la Nouvelle-Zélande est le paradis des sports d’aventure, lance Julia Thrift, 19 ans, de Colombie-Britannique.

« Pourquoi ne pas étudier au royaume du tourisme d’aventure? » demande Mme Thrift, qui est inscrite au programme d’administration des sports de neige du Collège Queenstown Resort, situé sur l’île du Sud, en Nouvelle-Zélande. « Mes amis en sont jaloux. »

Dans ce collège, la spécialisation en sports de neige fait partie du programme d’administration du tourisme d’aventure. Le programme ne met pas seulement l’accent sur l’expérience du visiteur, mais également sur le développement et l’exploitation de différents modèles d’entreprises en tourisme d’aventure, et sur l’acquisition de compétences en leadership, en marketing, en gestion des ressources humaines, en élaboration de plans d’affaires, de communications, et plus encore.

« Ces études sont transférables à l’étranger, explique Chris Warburton, directeur de programme. En fait, le Collège Queenstown Resort a conclu une entente avec l’Université Thompson Rivers, en Colombie-Britannique, selon laquelle les titulaires d’un diplôme du Collège peuvent automatiquement entrer en troisième année du programme d’études de l’Université Thompson Rivers. Il existe également des ententes avec d’autres établissements, par exemple l’Université de Guelph, en Ontario, permettant aux étudiants d’étudier à l’Université Lincoln, en Nouvelle-Zélande, pendant un ou deux semestres, mais de payer des frais de scolarité réguliers équivalents à ceux de l’Université de Guelph plutôt que les frais de scolarité élevés normalement réservés aux étudiants étrangers.

Le tourisme d’aventure n’est que l’un des nombreux programmes d’études postsecondaires en sport ouvert aux étudiants canadiens. Education New-Zealand courtise ouvertement les étudiants étrangers, surtout en Amérique du Nord, pour ces programmes sportifs qui vont bien au-delà du sport d’élite. Ils comprennent des programmes en administration du sport, gestion des loisirs, massage sportif, leadership et plein air et même gestion des terrains de sport.

Un milieu extraordinaire pour le sport

« Très peu de gens sont des athlètes d’élite, précise Don Milham, chef d’équipe à l’École des sciences du sport et de l’activité physique de l’Institut de technologie de Waikato, connu sous le nom de Wintec. Mais la santé et le bien-être font partie de la vie de tous. Nous baignons dans un milieu extraordinaire pour ça. »

Wintec est situé dans la petite ville d’Hamilton, sur l’île du Nord, où la température hivernale oscille entre 10 °C et 14 °C le jour. C’est ce qui contribue à faire en sorte que les Néozélandais soient fous du sport : il est facile d’aller dehors et d’être actif lorsque le thermomètre descend rarement sous zéro, et encore, seulement en région montagneuse.

« C’est une société très axée sur le sport, souligne Stewart Brougham, directeur du service d’internationalisation de Wintec. C’est-à-dire qu’on valorise la pratique du sport…c’est une passion qui alimente l’industrie. Il faut des gens pour diriger et gérer des clubs de sport, pour gérer et coacher les équipes, travailler dans des entreprises ou enseigner le sport à l’école. »

La Nouvelle-Zélande offre aux étudiants canadiens des possibilités intéressantes sur le plan des études postsecondaires (qu’ils appellent « tertiaires »). Vous pouvez étudier au pays du kiwi pendant un ou deux semestres, suivre des cours pendant une année de congé d’études, participer à un programme d’échange, suivre du début à la fin un programme d’études débouchant sur un diplôme ou un grade, ou encore simplement y perfectionner votre anglais grâce à une foule de programmes. Vous pouvez même accumuler des crédits qui seront reconnus par votre collège ou votre université au Canada, que ce soit en vertu d’une entente entre établissements ou d’une négociation personnelle avec votre établissement. Étudier à l’étranger peut représenter un compromis entre prendre un congé des études pour voyager ou ne pas voyager pour faire ses études postsecondaires.

« Je voulais vraiment voyager, mais ma mère voulait que je poursuive mes études, explique Mme Thrift, de Whiterock, en Colombie-Britannique. On a donc trouvé un compromis : le Collège Queenstown Resort. Cette expérience m’a renversée. On fait plein de rencontres. Et j’ai fait des choses que je n’aurais jamais faites autrement, par exemple du canyoning. »

Jenn Halliday, également de Colombie-Britannique, est étudiante à l’Université Lincoln. Elle exhorte les étudiants canadiens à poser leur candidature à des programmes d’études en Nouvelle-Zélande. « On ne peut pas savoir si c’est possible tant qu’on n’a pas essayé, lance-t-elle. Vous pouvez y arriver et vous pouvez venir ici. »

Pour Mme Halliday, étudier à l’Université Lincoln est un rêve devenu réalité, mais elle a travaillé d’arrache-pied pour payer une partie des frais qui y sont associés. Il est vrai qu’étudier à l’étranger peut revenir plus cher, mais elle a pu diminuer le coût de son baccalauréat en gestion du sport et des loisirs (voir l’article « Détails pratiques », en page xx). De plus, les étudiants au doctorat devraient savoir ceci : vous paierez les frais de scolarité réservés aux néozélandais, et non pas les frais plus élevés que paient les étudiants du premier cycle.

« Le fait d’étudier dans un autre pays est une richesse, estime M. Brougham. On devient un peu plus réfléchi, on apprend à être plus tolérant. Ça transforme. » Et ceci se produit quel que soit le pays de destination.

Il est facile de vivre et d’étudier en Nouvelle-Zélande. La culture y est assez différente de la nôtre pour être intéressante, mais assez semblable pour que l’on s’y sente à l’aise parmi des personnes amicales.

« La Nouvelle-Zélande est comme le Canada, confie Mme Halliday, mais avec ses particularités. Les avantages sont nombreux : on se découvre en même temps que l’on découvre d’autres cultures ».

Une foule de programmes sportifs

En plus d’offrir des diplômes au niveau du baccalauréat, l’Université Lincoln offre des grades et des certificats d’études supérieures en physiologie du sport et de l’exercice, en gestion des parcs, des loisirs et du tourisme, ainsi qu’une bourse en sport d’élite, et l’Académie de soccer de l’Asie-Pacifique.

Wintec offre un certificat en massage sportif, en éducation et activités récréatives de plein air, et une formation à l’industrie du conditionnement physique. Les programmes de baccalauréat sont disponibles en coaching, nutrition, physiologie de l’exercice et biomécanique. Il existe aussi un programme d’un an en éducation. L’école de communications offre également un programme en journalisme sportif.

L’école polytechnique d’Otago – située à Dunedin, sur l’île du Sud, mais ayant des campus ailleurs – offre des programmes de certificat ou d’autres diplômes dans une variété de disciplines : instructeur en sports de neige; sécurité en cas d’avalanche; leadership et gestion des activités de plein air; conditionnement physique; gestion des terrains de sport, ainsi qu’un baccalauréat en sciences appliquées en activité physique, santé et bien-être.

Le programme en gestion du tourisme du Collège Queenstown Resort, qui comprend une spécialisation en gestion des sports de neige, propose des stages rémunérés.

Ces quatre établissements d’enseignement – et une douzaine d’autres en Nouvelle-Zélande – offrent des cours d’anglais aux étudiants qui veulent apprendre cette langue ou la perfectionner avant de s’inscrire au programme de leur choix. La durée des cours d’anglais varie, allant d’un mois ou presque, à trois ans. Chaque programme et établissement a ses propres exigences quant à la maîtrise de l’anglais – il faut donc vérifier auprès de chaque établissement.

La Nouvelle-Zélande compte seulement quatre millions d’habitants, par conséquent, ses collèges, universités et écoles polytechniques (établissements décernant des diplômes qui sont à mi-chemin entre un collège et une université) ne sont pas très grands. Les classes sont à dimension humaine et les professeurs ont vraiment l’occasion de connaître leurs étudiants.

« Un étudiant m’a dit : je n’arrive pas à croire que tu nous donnes ton numéro de téléphone portable pour qu’on puisse t’appeler, raconte Chris Hutchinson, coordonnateur pédagogique en gestion du sport à l’Université Lincoln. Ici, on s’appelle par nos prénoms. »

« Ici, n’importe qui peut devenir quelqu’un », dit M. Milham.

Acquisition de compétences pratiques

Les programmes sportifs – que ce soit à l’université ou au collège – mettent l’accent sur l’apprentissage de compétences pratiques et sur le développement de carrière.

« De vraies personnes avec de vraies compétences décrochent de vrais emplois. Ça a toujours été ma philosophie », explique Gary Smith, directeur du programme en gestion des terrains de sport de l’École polytechnique d’Otago, dans le cadre duquel les étudiants font des stages rémunérés en gestion de terrains de golf, de terrains de rugby et de cricket – puis se font ravir par des employeurs.

« Quand vous sortez de ces programmes d’études, vous êtes prêts à intégrer l’industrie, raconte David James Moseley, 20 ans, qui étudie en gestion et leadership en plein air, à l’École polytechnique d’Otago. L’année dernière, nous avons vécu sur une plage pendant une semaine, et nous avons fait de l’escalade et du kayak de mer. » Depuis qu’il a terminé son stage, un poste l’attend dans le domaine du kayak de mer, et il le prendra dès la fin de ses études.

« Certains établissements d’enseignement perdent de vue l’objectif ultime, qui est d’avoir un emploi, précise Charlie Phillips, président-directeur général du Collège Queenstown Resort. Notre but est de fermer la boucle. Les étudiants sont traités comme des professionnels dès leur arrivée au Collège. On les accueille en disant : “ Bienvenue. Vous commencez dès aujourd’hui, et non dans deux ans. ” »

Les étudiants portent des uniformes adaptés à leurs études – les étudiants en tourisme d’aventure portent un pantalon de survêtement noir et un t-shirt noir à l’effigie du collège – et leur apparence, leur participation et leur ponctualité sont également notées. « Il s’agit de les préparer à travailler dans l’industrie, poursuit M. Phillips. Quatre-vingt-dix pour cent de nos diplômés décrochent un emploi. »

Le diplôme en gestion du sport et des loisirs de l’Université Lincoln exige que les étudiants fassent 480 heures de travaux pratiques dans ce domaine. Par exemple, des étudiants ont récemment organisé un gala olympique d’une journée à l’intention de 800 élèves du primaire; d’autres se sont occupés des inscriptions au Tour de la Nouvelle-Zélande, une course de cyclisme de 10 jours sur toute la longueur de l’île du Sud, et des installations nécessaires à la ligne d’arrivée.

« Nous offrons un programme d’études pratique et amusant, mais les choses amusantes sont toujours précédées de cours théoriques rigoureux, explique M. Hutchinson. Nous travaillons en étroite collaboration avec l’industrie, pas seulement à Christchurch, mais dans toute la Nouvelle-Zélande. »

Participation rapide à des activités de recherche

Plusieurs des programmes sportifs mettent aussi l’accent sur la participation des étudiants de premier cycle à des projets de recherche, « ainsi, au moment où ils arriveront à la maîtrise, ils auront déjà acquis une certaine expérience de la recherche », précise M. Milham, qui nous fait faire un tour des laboratoires de biomécanique de Wintec. Un étudiant saute régulièrement sur une assiette en métal posée au sol, parfois en faisant bouger ses bras, parfois non, tandis que ses camarades de classe surveillent l’écran d’un ordinateur portable mesurant l’impact des sauts. Un autre laboratoire abrite une machine simulant l’altitude et une chambre thermique où les étudiants peuvent contrôler la chaleur et l’humidité pendant leurs expériences.

Leah Hutching, 22 ans, est en deuxième année de maîtrise en biomécanique et mène des recherches sur les chaussures normales par opposition aux chaussures à orteils séparés, ainsi que sur les changements mécaniques qui se produisent dans le corps humain à différentes vitesses. Une fois ses études à Wintec terminées, elle espère décrocher un emploi chez un fabricant de chaussures de sport.

À l’Université Lincoln, Mike Hamlin, coordonnateur pédagogique du programme de bourses en sports, explique que la recherche dans le domaine des nouvelles technologies vise à stimuler la performance. Il suffit de penser aux vêtements de compression, à la formation au jeu en altitude pour les joueurs de rugby allant à Johannesburg, et l’incidence de la réduction du débit sanguin sur les athlètes de netball lorsqu’ils s’entraînent. Résultat : amélioration de la force et de l’endurance musculaires (le netball ressemble au basketball).

Jenn Halliday estime que ses études en Nouvelle-Zélande sont ce qui pouvait lui arriver de mieux. Elle parle régulièrement avec ses parents au moyen de Skype. « Ils m’appuient et sont fiers que j’aie eu le courage d’affronter le monde », raconte-t-elle.

Alors, quel message voudrait-elle lancer aux étudiants canadiens qui songent à partir étudier en Nouvelle-Zélande?

« Je leur dirais : Foncez!, s’exclame-t-elle. Arrêtez d’en rêver et faites-le! »

Kathryn Young est l’ancienne directrice de la rédaction d’Options Carrières. Education New Zealand et Air New Zealand l’ont invitée à faire une tournée d’établissements d’enseignement tertiaires en Nouvelle-Zélande et ont commandité son voyage.