De l’atterrissage du « rover » sur Mars, au saut dans l’espace du Red Bull Stratos, à la sensation dans les médias sociaux Chris Hadfield, notre fascination pour l’espace a une fois de plus « décoller ». Les Canadiens ont été particulièrement ravis de voir M. Hadfield devenir le premier commandant canadien de la Station spatiale internationale, et le monde était attentif aux moindres faits et gestes de ses mises à jour, ses photos et même son propre vidéoclip sur Terre via Twitter, Reddit et d’autres médias sociaux.
Les accomplissements dans l’espace ont tendance à susciter un regain d’intérêt pour la science et la technologie auprès des jeunes, alors ces évènements ne pouvaient pas arriver à un meilleur moment. Les industries axées sur la science, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques auront besoin de plus en plus de travailleurs dans les années à venir en raison de l’augmentation du nombre croissant de retraites – et l’augmentation des investissements dans la technologie. L’Agence spatiale canadienne est d’accord et dit que l’investissement dans l’exploration spatiale offre de nombreux avantages à la population, mais « le plus notable est la création de possibilités qui insufflent à notre jeunesse une reconnaissance et une motivation que, eux aussi, peuvent jouer un rôle dans les percées scientifiques et technologiques futures. »
Jeremy Hansen est l’un des deux astronomes canadiens qui terminent présentement une formation pour une éventuelle mission dans l’espace. Il a été sélectionné parmi plus de 5 300 candidats lorsque l’ASC a lancé un appel pour de nouveaux astronautes en 2009. Nous avons parlé à M. Hansen sur de futures missions dans l’espace, et comment les jeunes peuvent suivre son chemin.
Options Carrières : Qu’est-ce qui vous a inspiré à devenir astronaute?
Jeremy Hansen : Ça remonte à il y a longtemps. Je suppose que j’ai été inspiré par d’abord les atterrissages sur la lune quand j’étais jeune et voir des photos d’astronaute debout sur la lune. Ça m’a vraiment permis de constater que c’était possible. J’ai regardé le ciel et la lune en pleine nuit et j’ai dit : « Wow! Des gens se sont tenus là. » Alors, ça m’a vraiment motivé dans ma jeunesse. Comme j’ai grandi et j’en ai appris plus sur les programmes spatiaux et ce qu’ils offraient, j’ai réalisé que l’exploration fait partie de nous et qu’il est important d’apprendre et de continuer à repousser nos limites.
OC : Comment vous êtes-vous rendu où vous êtes aujourd’hui?
JH : Eh bien, une étape à la fois. Pour moi, la chose la plus importante est de faire quelque chose que vous aimez faire dans la vie – pour découvrir votre passion. J’étais passionné d’aviation. J’ai rejoint les cadets de l’Air et j’ai reçu quelques bourses de pilotage d’avion. Ça m’a appris à être un leader et à voir confiance en moi, et éventuellement, j’ai rejoint l’Aviation royale canadienne où j’ai piloté un CF-18s. Ensuite, il y a cinq ans, l’Agence spatiale canadienne était à la recherche de nouveaux astronautes, alors j’ai postulé. Et une chose que je devrais mentionner est l’école – dans l’armée, il faut avoir un diplôme universitaire. Je suis allé au Collège militaire royal du Canada et j’ai obtenu un baccalauréat ès sciences en science spatiale et une maîtrise ès sciences en physique.
OC : Qu’aimez-vous le plus dans votre travail?
JH : Il y a beaucoup de choses que j’aime dans ce métier. Dans l’ensemble, c’est la diversité des choses que nous faisons. Certains jours, je fais de la plongée sous-marine, certains jours, je fais une formation de marche dans l’espace. Je passe beaucoup de temps à apprendre à parler russe pour pouvoir piloter des fusées russes. Parfois, je suis dans le centre de contrôle de mission à Houston. Chaque jour, nous faisons quelque chose de différent et j’adore ça. Récemment, j’étais dans l’Arctique pour apprendre à être un géologue de terrain, ce qui est pertinent pour éventuellement apprendre comment explorer d’autres planètes comme Mars.
OC : À quoi ressemble une journée typique pour un astronaute?
JH : Il n’y a pas de journée typique. Mais nous avons des planificateurs qui remplissent notre semaine avec tous les différents aspects de la formation des astronautes. Les trois aspects principaux sont la formation de marche dans l’espace, qui est très difficile, mais gratifiante, puis la formation du Canadarm, et le troisième serait d’apprendre les systèmes de la station spatiale. La Station spatiale internationale est un véhicule extrêmement complexe à faire fonctionner. Elle requiert beaucoup de maintenance.
OC : Pourquoi l’exploration spatiale est-elle importante?
JH : Le Canadien Chris Hadfield est tout juste de retour de l’espace. Il a fait quelque chose de très important, il a partagé avec nous la perspective de l’exploration spatiale. Le sentiment d’avoir quitté notre planète et la regarder de loin. Nous avons réalisé que nous sommes assis sur une roche dans l’espace. Ce que l’on voit, c’est beaucoup d’eau et une petite bulle d’air. Quand on regarde ce phénomène de la perspective de Chris, il y a juste une petite bulle d’air qui nous permet de vivre. Il y a beaucoup de choses importantes en ce qui concerne la technologie et la science, mais la plus importante est que ça nous donne de la perspective sur notre planète.
OC : Allez-vous utiliser les médias sociaux quand vous allez être dans l’espace comme Chris l’a fait?
JH : Nous avons utilisé les médias sociaux comme un excellent outil pour amener les gens à nous suivre dans nos aventures spatiales. C’est un outil très important, c’est très excitant et assez nouveau. Nous cherchons constamment des façons d’utiliser Twitter et tout ce qui viendra après.
OC : Que voyez-vous pour l’avenir du programme spatial?
JH : Nous voyons maintenant des sociétés commerciales développer des vaisseaux spatiaux pour la première fois. Si vous regardez l’histoire de l’aviation, vous pouvez voir que dès que l’industrie commerciale s’en est mêlée, elle a pris son envol. Et maintenant, nous pouvons voler n’importe où dans le monde en quelques heures. Donc, cela marque vraiment un tournant où de plus en plus de personnes pourront voler dans l’espace. Je trouve ça très excitant.
OC : Quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui veulent se lancer dans l’industrie?
JH : Je dis toujours aux gens que la chose la plus importante est de trouver votre passion, pas celle de quelqu’un d’autre. Quand vous trouverez quelque chose qui vous passionne, vous y excellerait et ça vous ouvrira de nombreuses possibilités. Et l’autre chose que je dis aux étudiants du secondaire est que vous devez vous mettre au défi. Vous ne pouvez pas vous concentrer entièrement sur une seule chose. Concentrez-vous sur vos études, mais sortez et devenez un bon citoyen de la société. Par exemple, joindre des groupes de jeunes, faire de la randonnée – des choses qui vous poussent et vous mettent au défi.





