Où allez-vous comme ça?!

Si vous m’aviez dit au début de mes études universitaires que j’irais aux Pays-Bas dans le cadre d’un voyage d’échange, je ne vous aurais tout simplement pas cru. Je suis née à Yellowknife et j’ai grandi en Irlande, puis j’ai décidé de rentrer au Canada pour étudier le journalisme à l’Université Carleton. À 18 ans, après avoir sauté dans un avion pour commencer mes études à Ottawa sans n’avoir jamais mis les pieds dans cette ville, j’avais déjà l’impression de faire partie d’un voyage d’échange à long terme.

Mais le destin avait d’autres projets pour moi. Dans ce cas, le destin a pris la forme de Karl, un étudiant australien participant à un voyage d’échange. J’ai entendu ce natif de Melbourne poser une question dans mon cours de télévision, en troisième année, et cela a eu un effet subliminal. Trois semaines plus tard, dans les bureaux du département de journalisme, alors que je m’apprêtais à m’en aller après avoir posé une question banale, je me suis retournée et j’ai lancé : « En passant, est-ce que l’Université Carleton a des programmes d’échange en journalisme? ».

Le « oui » a retenti sans tarder, puis fût suivi d’une explication : « l’Université Utrecht (aux Pays-Bas) a un cours en recherche, reportage et voyage ». Je ne me souviens pas vraiment du reste, car tout ce dont j’avais besoin était là. Évidemment, l’occasion était là depuis longtemps. Mais je n’avais pas été assez attentive.

Douze mois plus tard, j’ai déposé mon dossier de candidature, envoyé mes relevés de notes, mes lettres de recommandation, et quelques cris du cœur pour qu’on me laisse étudier à l’étranger. Et je me prépare à partir à Utrecht.

Étant donné que je n’avais pas cherché à participer à un voyage d’échange au début de mes études, j’étais placée devant un dilemme. Je pouvais partir pendant ma quatrième année, mais il faudrait que je revienne un an à l’Université Carleton pour terminer mes études. Cela voulait dire que j’obtiendrais mon diplôme plus tard – Vous ne franchissez pas la case Départ, vous ne touchez pas 200 $ (dans ce cas, mon diplôme). La tentation de terminer cette quatrième et dernière année était irrésistible.

Puis, à un moment donné, alors que je réfléchissais toujours, il est devenu évident que je n’aurais peut-être plus jamais l’occasion de vivre dans un pays étranger, d’y étudier et de voyager avec d’autres étudiants étrangers.

En faisant des études à l’étranger, je découvrirai la manière européenne de faire des reportages, et le mode de vie européen. C’était l’occasion pour moi de sortir des sentiers battus et de relever des défis tout en m’amusant. Quelle meilleure façon d’élargir vos horizons que de vous immerger dans une nouvelle culture et de voir où cela vous mène?

Il reste qu’il est difficile d’appeler vos parents pour leur dire que vous ne terminerez pas vos études l’année suivante et que vous allez faire un petit détour par la Hollande. J’ai cru qu’ils allaient s’exclamer que j’avais perdu la tête, mais finalement, ils ont trouvé que c’était vraiment une bonne idée.

Non seulement étaient-ils fiers de moi parce que j’avais pris cette initiative, mais en plus ma mère a souligné combien il était fascinant d’aller en Europe – surtout pour une apprentie journaliste. Prendre le train pour passer d’un pays à l’autre et m’immerger dans des sagas politiques dont les journalistes sont friands? C’était tout à fait moi!

Je me considère déjà comme une enfant « du monde », après avoir fait trois vols internationaux avant l’âge de deux ans. Mais plus la date de mon départ approche, plus j’ai les nerfs à vif tant je suis excitée – j’insiste sur « nerfs à vif ».

Jusqu’à présent, l’Internet a été mon sauveur. J’ai réservé une chambre sur un site d’hébergement à court terme, j’ai visité la ville et le campus, j’ai fait des itinéraires possibles de voyages et calculer leurs coûts. Pour ce qui est des choses que je ne peux apprendre instantanément en ligne – par exemple, la langue et les codes culturels – je m’y attaquerai dès mon arrivée.

Pour l’instant, pour apaiser ces nerfs à vif, il me suffit d’avoir un petit lexique néerlandais en poche, et de savoir qu’il y aura une bouilloire dans ma chambre.

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