À la fin de 2011, en pleine période creuse après mon retour des Pays-Bas, à la suite d’un semestre d’étude à l’étranger, je reçois un courriel de l’école de journalisme de l’Université Carleton. On y annonce un stage d’été en communications pour un magazine à l’Union postale universelle, une organisation internationale basée en Suisse.
La première réflexion qui me vient à l’esprit est : « Il faut que je l’aie! » Un été en Europe ET une précieuse expérience de travail? Quelle aubaine!
Puis le doute s’installe. « Je n’ai probablement aucune chance. » Des douzaines d’autres étudiants, avec plus d’expérience que moi, ont probablement déjà posé leur candidature pour l’emploi.
Je m’inquiète : « Et si j’obtiens l’emploi, mais que je ne suis pas assez bonne? »
« Je ne ferai pas tant d’argent que ça. Je devrais peut-être rester à la maison et économiser pendant l’été. » Le poste venait avec une allocation suffisante pour vivre, mais certainement pas suffisante pour me permettre d’économiser pour payer ma dernière année d’études.
Je trouve des centaines de bonnes raisons de ne pas poser ma candidature, mais je sais qu’aucune n’est assez bonne. Rapidement, je me reprends, j’efface les doutes, j’étudie attentivement mon CV et ma lettre de présentation, et j’envoie le tout avant de changer encore d’idée.
Quelques semaines plus tard, je reçois l’offre d’entrevue. Quelques semaines après, la proposition d’emploi. J’ai réussi! J’ai peur, mais j’accepte rapidement.
Accepter ce stage à l’étranger a été l’une des meilleures décisions dans ma vie. Voici pourquoi.
J’ai amélioré mes compétences acquises à l’université.
L’université est l’endroit idéal pour apprendre la théorie et les fondements de notre future profession, mais rien ne vaut un apprentissage pratique sur le marché du travail. Dans mes cours, j’ai appris à écrire comme une journaliste, mais je n’avais jamais fait l’expérience d’être vraiment une journaliste. Pour mes cours, je pouvais choisir moi-même mes sujets d’articles et changer de sujet quand je voulais, selon mes besoins. Si l’article ne fonctionnait pas, la seule chose qui en souffrait était ma note. Personne ne dépendait de moi pour faire un bon travail.
En tant que stagiaire, mes articles devaient répondre aux attentes de mon éditeur et correspondre au style du magazine. Je devais également respecter de vraies échéances, et j’écrivais pour un vrai public. J’ai dû appeler des sources aux quatre coins de la planète, devant parfois composer avec les défis reliés aux différents fuseaux horaires, aux moyens technologiques limités et aux barrières des langues. Parfois, le sujet m’était totalement étranger, et j’ai dû mettre à l’épreuve mes habiletés de recherche. J’ai appris des choses qui ne s’enseignent pas dans les salles de cours.
J’ai acquis des compétences transférables qui m’accompagneront tout au long de ma vie.
Se retrouver loin de chez soi, être plongé dans une autre culture et une langue complètement différente sont des défis posés par la vie et le travail à l’étranger. Que ce soit pour poser des questions de base dans une nouvelle langue, comprendre les coutumes locales ou naviguer dans un nouvel environnement, chaque jour est rempli d’expériences d’apprentissage.
Je vivais dans une région germanophone de Suisse et je travaillais pour une organisation qui fonctionne principalement en français et en anglais. Que je sois en train d’essayer d’expliquer quel type de laissez-passer d’autobus je voulais ou de travailler avec un collègue pour qui l’anglais était la deuxième ou troisième langue, je devais faire preuve de patience et affiner mes compétences en communication.
Je devais aussi être capable de m’adapter et apprendre à m’ouvrir à de nouvelles façons de penser. Je devais faire preuve d’ingéniosité et m’obliger à sortir de ma zone de confort pour communiquer avec les gens et me faire des amis. Ces compétences générales sont précieuses dans tous les domaines de ma vie et sont des informations intéressantes à ajouter à un CV ou à mentionner au cours d’une entrevue.
Je me suis découvert de nouveaux intérêts auxquels je n’aurais jamais pensé.
Tout au long de mes études en journalisme, j’ai toujours eu l’impression que les articles de nouvelles traditionnelles n’étaient pas pour moi, mais je n’avais pas eu l’occasion d’expérimenter grand-chose d’autre. Mon expérience de travail dans le département de communications d’une organisation internationale m’a ouvert les yeux sur une nouvelle façon de mettre à profit mes compétences en écriture, et m’a fait prendre conscience que je voudrais peut-être poursuivre dans cette voie.
Globalement, mon stage s’est révélé une expérience des plus précieuse et enrichissante. Pour ceux et celles qui songent à vivre un stage international ou coop, voici quelques conseils
1. N’ayez pas peur de soumettre votre candidature!
Il est impossible de savoir exactement ce que recherche un employeur, et il y aura toujours des candidats plus qualifiés que vous – de telles questions ne veulent pas dire que vous devriez laisser passer votre chance de vivre une expérience aussi enrichissante! Si vous craignez de trouver difficile la vie loin de chez vous, dites-vous simplement qu’il y a une date de retour. Il est normal de vivre un choc culturel, mais vous pouvez toujours communiquer avec vos parents et vos amis par Skype lorsque vous vous ennuyez.
2. Dans votre demande, expliquez en quoi vous constituez un bon choix pour l’employeur et pourquoi vous voulez vivre à l’étranger.
Vivre et travailler à l’étranger représente un défi, alors assurez-vous que votre employeur éventuel sait que vous avez les compétences nécessaires pour relever les défis que vous entrevoyez. Faites des recherches sur l’entreprise et sur la ville où elle est située avant de faire votre demande, pour pouvoir expliquer pourquoi vous voulez y travailler pour eux.
3. Une fois sur place, recherchez toutes les occasions d’apprentissage.
L’un de mes plus grands regrets est de ne pas avoir mieux profité de mon milieu de travail francophone. Je serais peut-être revenue au Canada parfaitement bilingue si j’avais saisi plus d’occasions de parler français avec mes collègues. Ne faites pas la même erreur!
Parlez avec vos collègues et tissez des liens. Une fois de temps en temps, restez plus tard au bureau pour fournir un effort supplémentaire, et n’ayez pas peur d’accepter si on vous offre un projet qui représente un défi – vos collègues savent que vous êtes là pour apprendre et ils seront prêts à vous aider.
4. Dernier conseil, mais non le moindre : amusez-vous!
Votre cerveau est comme une éponge, il est prêt à absorber les nouvelles expériences, dans votre milieu de travail et à l’extérieur. Bien sûr, vous êtes là d’abord pour travailler, mais cela ne veut pas dire que vous devez laisser passer la chance d’explorer, de rencontrer des gens et d’essayer de nouvelles choses pendant vos temps libres. Explorez tous les aspects de la ville et voyagez un peu si vous en avez les moyens.





