L’ouverture aux autres cultures : un atout pour le marché du travail!

Par Dominique Cyr

Le Canada est une immense mosaïque culturelle! Il regroupe à ce jour plus de 200 ethnies différentes. De plus, trois Canadiens sur dix pourraient appartenir à un groupe de minorités visibles en 2031 et les villes de Toronto et Vancouver pourraient même en compter deux fois plus! Au total, ce sont donc entre 11 et 14 millions de Canadiens qui pourraient appartenir à un groupe de minorités visibles en 2031 comparativement à 5 285 000 en 2006 [1].

Même si la diversité culturelle est aujourd’hui omniprésente au Canada, il n’est pas toujours facile de faire preuve d’ouverture d’esprit face aux façons de faire qui nous sont étrangères. Or, avec des milieux de travail de plus en plus métissés et de plus en plus multiethniques, il apparaît désormais fondamental de développer une ouverture d’esprit face à la différence culturelle avant d’intégrer le marché du travail.

Pour vous aider à vous ouvrir aux autres cultures, voici quelques conseils pratiques en la matière. En devenant plus conscientisé par rapport aux différentes cultures, vous deviendrez non seulement un meilleur professionnel, mais également un meilleur citoyen.

1- Situez votre niveau de maîtrise de l’interculturalité

Tentez d’identifier quel niveau de maîtrise de l’interculturalité parmi les suivants est le plus représentatif de votre situation [2]. Cet exercice vous permettra de vous situer dans votre processus d’ouverture aux autres cultures :

1-    Ne pas s’apercevoir des différences culturelles : vous ne remarquez pas que l’autre culture est différente. C’est le stade de l’ignorance ou du déni. Exemple : « Ces Américains, ils ont l’air comme nous ».

2-    Rester cantonné dans la critique ou dans la louange : c’est un progrès par rapport au niveau précédent, car vous apercevez maintenant les différences, mais vous restez dans la critique ou la louange généralisée. Exemple : « Ces Américains, ils sont vraiment très pros » ou « Ces Américains, ils sont tous naïfs ».

3-    Expliquer l’autre culture depuis la sienne : à ce stade, vous essayez désormais de comprendre l’autre culture, au lieu de l’ignorer, de la rejeter comme inférieure ou de la louanger. Cependant, votre culture d’origine est encore un obstacle majeur à la compréhension d’une autre culture.

4-    Comprendre une culture de l’intérieur : vous vous mettez à « penser comme eux ». Cela se produit par osmose, à la suite d’une longue immersion, ou lorsqu’un proche qui a émigré vous accompagne et vous explique.

5-    Voir sa propre culture de l’extérieur : lorsque vous avez vu une autre culture et que vous revenez à votre culture d’origine, vous pouvez alors voir ce qui était jusqu’alors invisible parce que vous le preniez pour acquis et évident.

6-    Communiquer interculturellement : vous êtes capable de vous mettre suffisamment à la place de l’autre pour communiquer, au-delà de la différence culturelle.

7-    Faire évoluer une culture : vous êtes capable d’agir sur une culture de façon consciente pour la changer.

2- Évitez les jugements de valeur et les stéréotypes

Il n’est pas rare que les règles culturelles qui nous sont étrangères ou inconnues deviennent une source de jugement de valeurs. En effet, on considère souvent nos propres valeurs et nos comportements comme la base avec laquelle les autres valeurs doivent être comparées, ce qui au final nous amène à considérer certains comportements comme supérieurs à d’autres.

Si vous désirez vous ouvrir aux autres cultures, vous devrez reconnaître qu’il n’existe pas un mode de conduite universel et qu’il n’y a pas une culture meilleure que l’autre. Juger les autres, c’est tout le contraire de s’ouvrir aux différences. Tentez plutôt de comprendre pourquoi tel comportement est adopté plutôt qu’un autre et mettez de côté les stéréotypes. Par exemple, si une personne arrive en retard à une réunion, cela ne veut pas nécessairement dire qu’elle est lâche et irrespectueuse, c’est peut-être que, dans sa culture, le rapport au temps est perçu différemment.

3- Réalisez un séjour à l’extérieur de votre pays d’origine

De nombreuses universités proposent un profil international qui vous permettra de passer une session ou plus à l’étranger. En séjournant dans un autre pays, vous en apprendrez beaucoup sur les autres cultures… et sur vous-même! En effet, en entrant en contact avec des cultures différentes de la vôtre, vous verrez des divergences de comportements, de façons de faire, d’attitudes et de coutumes qui vous feront prendre conscience de vos propres règles culturelles. Réaliser un échange dans une autre université vous permettra également de connaître des étudiants en provenance des quatre coins de la planète. À la fin de votre séjour, vous détiendrez non seulement une meilleure connaissance de la culture du pays visité, mais également une compréhension approfondie de plusieurs cultures.

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Pour terminer, rappelez-vous que les différences culturelles font partie intégrante du marché du travail. Les ignorer, les dénier, les juger ou les confronter ne vous mènera à rien. Essayez plutôt de les accueillir, de les comprendre et de les accepter. Certes, cela peut exiger beaucoup de temps et de patience, mais vous verrez qu’une fois les différences culturelles bien comprises, elles peuvent en fait devenir une richesse inouïe! Par exemple, elles ont le potentiel de vous faire voir un problème sous des angles que vous n’auriez jamais explorés autrement ou de remettre en question vos façons de faire. Le contact avec une culture étrangère peut aussi vous permettre de développer des qualités essentielles dans la vie de tous les jours telles que la patience, la tolérance et l’écoute active. Bref, s’ouvrir aux autres cultures, c’est un atout indispensable pour bien intégrer le marché du travail!

 

[1] Statistique Canada (2010), Projections de la diversité de la population canadienne, 2006 à 2031, [En ligne], http://www.statcan.gc.ca/pub/91-551-x/2010001/conc-fra.htm (page consultée le 15 juillet 2013)

[2] Baudry, P. (2007), Sept niveaux de maîtrise de l’interculturalité, dans « Français et Américains : l’autre rive », Éditions Village mondial, 3e édition, extraits des pages 23 à 29.

 

Dominique Cyr est étudiant au MBA Responsabilité sociale et environnementale des organisations à l’Université Laval et agent contractuel chargé de la planification du développement durable.

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