« Réseautage MBA 2.0 » ou comment utiliser les médias sociaux pour nouer des liens précieux

C’est la marque de commerce de notre génération, ou peut-être sa drogue licite. C’est le paradis de la procrastination et de la distraction. Nos doigts frémissent à l’ouverture du navigateur : Facebook et d’autres médias sociaux nous dérobent chaque jour un nombre incalculable de minutes et nous donnent souvent bien peu en retour.

Au lieu de ruminer votre culpabilité après avoir passé des heures à rôder sur la page de votre ex‑quelque chose, pourquoi ne pas exploiter vos talents de rôdeur, de navigateur Web et de rédacteur de messages pour bâtir une structure qui vous permettra d’atteindre vos objectifs professionnels. Pourquoi ne pas vous servir de vos réseaux sociaux pour faire justement cela : créer des réseaux.

LinkedIn, Twitter, Google+, et bien sûr, le fameux Facebook, sont devenus des plateformes privilégiées pour les professionnels. Les gens s’y rencontrent et tissent des liens en ligne dans l’intention de faire avancer leur carrière, et peut-être même d’aider d’autres personnes en chemin. Ça s’appelle le « réseautage 2.0 ».

Lorsque LinkedIn est arrivé sur la toile, beaucoup d’entre nous, de la génération Y, étaient sceptiques. « C’est un média social pour les plus vieux », disait-on, ou « C’est une version bancale de Facebook ». De toute évidence, une poignée de visionnaires avaient vu juste : LinkedIn est plus qu’une lubie puisqu’aujourd’hui 225 millions de personnes dans le monde, toutes générations confondues, créent des liens par l’entremise de ce réseau professionnel.

Pour exploiter efficacement les réseaux sociaux, il est essentiel de consacrer du temps à polir votre présence en ligne. Il ne suffit pas d’exister en ligne, il faut cultiver votre image de marque.

« Les gens vont sur Google pour une raison ou une autre. Plus vous utilisez LinkedIn, plus vous aurez de chances d’apparaître en haut de la liste des résultats de recherche : cela signifie que vous avez un certain contrôle sur la première impression que vous laissez chez les autres », explique Lisa Dalla Vecchia, gestionnaire du bureau des anciens et des communications de carrière de l’école de commerce Beedie, de l’Université Simon Fraser.

Pour René Beaulieu, conseiller en orientation de carrière à l’Université Laval, il n’est pas possible de créer des liens solides en ligne avant de cerner la raison particulière pour laquelle vous êtes inscrits à une plateforme. « Je dis aux étudiants de se percevoir comme une entreprise », précise-t-il. Ce faisant, on peut clairement énoncer ce qui nous distingue et savoir ce qu’il faut dire. Par exemple, même si vous êtes un expert de la photographie, si vous désirez vendre vos compétences en gestion, il vaut probablement mieux ne pas parler de la photographie dans l’énoncé de vos objectifs.

Mais il ne suffit pas de polir son profil pour établir des liens. L’étape suivante, affirme M. Beaulieu, est de cultiver sa présence. Il recommande de passer cinq à dix minutes par jour sur LinkedIn.

« Les étudiants sont souvent monopolisés par leurs études et par la socialisation. Ils ne consacrent pas beaucoup de temps au développement de propositions d’affaires », avertit-il.

Dans le monde anglophone, on dit souvent « your network is your net worth », c’est-à-dire que votre réseau est votre meilleur atout. Même si l’idée est un vieux cliché, elle a du mérite. La valeur de votre MBA croît avec l’expérience que vous accumulez en chemin. Les réseaux peuvent être aussi précieux que le diplôme lui-même.

Il suffit de quelques gestes réguliers en ligne pour rester au courant de ce qui se passe dans les secteurs dont parlent vos contacts et d’entamer des conversations avec de nouveaux contacts.

Il y a 10 ans, alors que des sites comme LinkedIn en étaient encore à leurs premiers balbutiements, la création de réseaux passait par d’interminables exercices de relations publiques lors d’événements spéciaux. On n’en finissait plus d’échanger des cartes de visite, puis de déployer des efforts pour cultiver les liens noués en chemin. Votre réseau était composé de personnes sur qui vous étiez tombées un peu par hasard, et le degré de séparation entre vous et les personnes avec qui vous désiriez entrer en contact n’était pas toujours évident.

De nos jours, si vous cherchez à mettre le pied dans un secteur ou à créer des contacts dans une entreprise, il suffit de faire une recherche sur Google et vous aurez une somme incroyable de renseignements utiles, vous révélant notamment à qui vous devriez vous adresser dans votre secteur. C’est donc une bonne idée de commencer par créer des réseaux en ligne.

Même si les bons vieux gestes consistant, à serrer main et à amorcer une conversation ne disparaîtront jamais, la création de réseaux en ligne peut parfaire le contact en personne et vous permettre de cultiver plus facilement vos liens. De plus, le premier contact a aussi l’air beaucoup plus naturel.

LinkedIn permet les échanges, et c’est là l’un de ses principaux avantages. « Il est plus facile de trouver les gens, de comprendre qui est la personne, de connaître ses antécédents et les raisons qui vous poussent à vouloir entrer en contact avec elle », explique Fiona Macfarlane, gestionnaire du programme de mentorat au MBA, à la faculté de gestion Desautels de l’Université McGill.

La beauté conceptuelle de LinkedIn, c’est que l’on y apprend pas seulement comment vous êtes entré en contact avec une personne – par l’entremise d’amis, ou d’amis d’amis – mais également quels sont vos points communs avec le contact en question. Si l’on connait les points communs, il est plus facile d’amorcer une conversation. Le « réseautage analogique » est donc moins exigeant que les relations publiques conventionnelles et l’échange de cartes de visite.

Lorsque vous créez votre réseau en ligne, il est important de respecter la « nétiquette ». L’invitation générique de LinkedIn est souvent perçue comme maladroite, voire cavalière. Indiquez dans l’invitation les points communs que vous avez avec votre interlocuteur : par exemple, vous avez participé au même événement ou vous êtes allés à la même université, et vous pourriez suggérer de vous rencontrer pour parler du bon vieux temps. Avec le nombre incalculable de renseignements disponibles en ligne, vous pouvez être certain de trouver un prétexte pour entamer la conversation.

Vous pouvez entrer en contact avec les personnes souhaitées par d’autres moyens que LinkedIn. Twitter offre constamment des occasions de participer à des conversations en cours – tant et aussi longtemps que votre apport ne dépasse pas les 140 caractères.

« Grâce à Twitter, j’ai rencontré beaucoup de gens », affirme Mme Dalla Vecchia. Elle recommande d’utiliser cet outil pour repérer les gens avant de se rendre à une activité visant à « réseauter ». Servez-vous du hashtag de l’événement pour savoir qui y sera et qui vous pourriez rencontrer, et pour jouer un rôle important dans la conversation avant même de pénétrer dans l’édifice.

Twitter va si vite que vous ne pourrez jamais y être trop actif. Utilisé de façon stratégique, c’est un outil indispensable pour vous faire un nom en ligne. Les experts recommandent de consacrer 80 pour cent des gazouillis aux questions professionnelles, et 20 pour cent à des réflexions personnelles.

Sur LinkedIn, la majorité de vos efforts devraient être consacrés à retracer des conversations et à actualiser votre profil. Mme Dalla Vecchia lance un avertissement : de constantes publications pourraient être interprétées par vos contacts comme des pourriels. Elle suggère d’y afficher de l’information une fois par semaine. Essayez d’y publier des nouvelles au sujet de votre secteur d’activité pour montrer que vous restez au courant de ce qui se produit dans votre domaine.

Chaque fois que vous établissez un contact, gardez le cap sur vos objectifs de réseautage, et agissez en fonction d’eux. « Il ne s’agit pas d’avoir le plus grand nombre de contacts, mais bien de communiquer avec des personnes qui vont vous permettre d’avancer sur le plan professionnel », explique M. Beaulieu. Selon les experts, il s’agit aussi de ne pas perdre de vue nos contacts.

La prochaine fois que vous remettrez à plus tard une tâche pénible, au lieu de rafraîchir votre page toutes les deux minutes pour voir les photos que vos amis viennent de télécharger, pensez plutôt à dépenser votre temps pour aller encore plus loin.

Danielle Klassen

Danielle Klassen est diplômée de l’école de journalisme de l’Université Carleton et vit actuellement à Toronto. Danielle, qui a des antécédents dans le milieu des affaires, donne aux lecteurs des outils pratiques pour naviguer sur les vagues de l’économie. Suivez Danielle sur Twitter : @daniklassen

Laisser un commentaire

  • (ne sera pas publié)

XHTML: Vous pouvez utiliser ces balises: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>